Face au mur
La course comme therapie
Le sujet de ce documentaire est “la course à pied comme thérapie”. Nous avons choisi de nous intéresser à des personnes ayant vécu des épreuves aussi bien physiques que psychologiques et qui se sont tournés vers la course à pied pour s’en remettre. Le but est de mettre en évidence le rôle clé que peut avoir la course à pied sur la santé mentale à travers les portraits croisés de 3 coureuses. Bienvenue sur « Face au mur ».
Le documentaire
Les personnages
Cecile Schmitt
Âgée de 38 ans, Cécile est touchée par une maladie chronique, la polyarthrite rhumatoïde. Cette maladie auto-immune lui cause de nombreuses crises de douleurs pouvant aller de quelques jours à plusieurs mois. “Mon corps dégrade mes muscles, mes tendons et mes articulations jusqu’à les déformer”, décrit-elle. En 2022, cette maladie touchait près de 0.5% de la population et en grande majorité des femmes. Aucun remède n’est connu à ce jour. Lorsque Cécile a découvert qu’elle était touchée par cette maladie, elle s’est rendu compte qu’elle était destinée à finir sa vie en fauteuil roulant et est passée par un épisode dépressif. “Mon quotidien c’était d’être enfermé à la maison, de ne pas parler et de ne voir personne. Dès que je marchais j’avais mal aux pieds, dès que je voulais faire le ménage j’avais mal aux mains, aux bras donc je ne faisais rien, je restais dans mon lit ou sur le canapé”. Poussée par son mari, elle commence à aller marcher en forêt. Au fur et à mesure, elle s’est mise à courir avant de rejoindre le club de course de l’Hôpital (Moselle), la team RedZone. Désormais, elle pratique la course à pied trois à quatre fois par semaine avec comme objectif un semi-marathon en Belgique prévu en mai 2025.
Anne-sophie Mendoza
Âgée de 40 ans, Anne-Sophie est une passionnée de course à pied. Pourtant, son parcours n’a pas été linéaire. Adolescente, elle commence à consommer du cannabis à l’âge de 13 ans et se tourne à 16 ans vers des drogues plus durs comme l’héroïne ou la cocaïne. « Au début, c’était vraiment de la prise de drogue festive, j’avais un réel besoin de me détruire. Par contre, après avec l’héroïne je culpabilisais beaucoup lors des crises de manque. Je me demandais “Mais pourquoi tu fais ça ? », confie-t-elle. C’est finalement grâce au sport qu’elle parvient à s’en sortir. Son père, lui-même sportif, l’encourage à se lancer. D’abord hésitante, elle se surprend à retrouver dans l’effort une sensation de bien-être comparable à celle procurée par la drogue. « J’ai compris que ce que je ressentais après un effort était similaire aux effets de la drogue. Mais là, c’était sain. » Aujourd’hui, elle s’entraîne plusieurs fois par semaine et prépare le marathon de Paris, qu’elle compte courir avec sa petite fille de 9 mois en poussette.
Caroline Poirot
Âgée de 24 ans, Caroline est étudiante en sixième année de médecine à Nancy. Après une rupture difficile, elle sombre dans la dépression. « Je n’avais plus envie de rien. J’étais triste tout le temps. J’appelais mes parents et quand ma mère me demandait si ça allait, je fondais en larmes, sans forcément savoir pourquoi », confie-t-elle. Poussée par son entourage, elle se met à courir. Ce qui n’était qu’une échappatoire devient rapidement une passion. « Quand je cours, mes problèmes restent derrière moi. Je peux me concentrer sur autre chose et me sentir bien. » Aujourd’hui, elle s’entraîne quatre fois par semaine et se prépare pour un trail de 37 kilomètres en Alsace en mai prochain.